chapitre 2 : PUYCELSI, UN OBSERVATOIRE PRIVILÉGIÉ POUR L’HISTOIRE DE LA FORET DE GRÉSIGNE

Puycelsi sur son pech…

Avec l’existence de documents écrits, notre étude sur le passé de la Grésigne n’est plus celle à l’échelle des temps géologiques qui s’établit en millions d’années, ni celle des époques préhistoriques que l’on repère en centaines ou dizaines de milliers d’années, ni non plus celle de ces temps encore obscurs des siècles du Haut Moyen Age où les hommes seront peu nombreux dans nos pays grésignols jusqu’à la fin de l’époque féodale.

De quelle histoire de la Grésigne peut-il s’agir dans les lignes qui suivent ? De celle qui ne concerne que les époques plus récentes pour lesquelles les archives communales, départementales et nationales nous ont permis de prendre connaissance des nombreux faits et évènements qui s’y sont produits. Autant de situations successives à partir desquelles nous avons essayé d’étayer l’interprétation que nous pouvons faire d’une évolution locale de l’utilisation de la forêt et des enjeux qu’elle représentait pour les populations environnantes. Il s’agit certes d’une évolution lente quoique jalonnée de moments de rupture, évolution soumise tout autant aux aléas internes propres à l’environnement local des petits pays grésignols qu’aux pressions extérieures du pouvoir central, liées aux péripéties du cours de la Grande Histoire, au plan militaire comme aux plans administratif et politique.

Pour étudier l’histoire de la Grésigne, Puycelsi nous apparaît être un observatoire privilégié à bien des titres. C’est d’abord à travers la trame du passé d’une communauté qui fut jusqu’à la Révolution le siège d’un Consulat important du diocèse albigeois, et ensuite un chef-lieu de canton jusqu’au début du Premier Empire, que nous ferons l’approche la plus significative de l’histoire conflictuelle d’une forêt convoitée.

Parmi les sept communes qui entourent la forêt de la Grésigne, à savoir Puycelsi, Larroque, Penne, Vaour, Saint-Beauzile, Sainte-Cécile du Cayrou, Castelnau-de Montmiral (dénommé longtemps Pechmiral ou Puymiral), la commune de Puicelcy (1) apparaît en effet comme étant celle qui est la plus intégrée à cet espace forestier dont on se plaît à reconnaître qu’il constitue l’une des plus belles chênaies du sud de la France.

Succédant au Consulat chargé de l’administration d’une importante communauté englobant sous l’Ancien Régime le territoire de la commune actuelle de Larroque jusqu’en 1791, « Puicelcy-la-Montagne » affirma encore sa vocation grésignole en devenant le chef-lieu de canton réunissant Penne et Vaour.

L’appartenance de ces deux dernières communes à ce canton puicelcien ne fut que très brève sous la Révolution et ce canton éphémère perdit un peu de son identité grésignole lorsqu’il fut composé ensuite par les communes de Larroque et Las Clottes (La Sauzière) jusqu’à sa suppression en 1802 (2).

Mais l’emplacement géographique de Puycelsi reste inchangé et immuable sur sa butte-témoin de roc calcaire dont les géologues expliquent la pérennité par la résistance à l’érosion. Non seulement le village de Puycelsi, qui surplombe la vallée de la Vère par un dénivelé de quelques 160 mètres, est dominé à son tour par le massif grésignol de Montoulieu avec une différence d’altitude sensiblement égale. Mais ce village haut perché, entièrement entouré de remparts qui en ont fait une citadelle fortifiée remarquablement préservée, est plus proche de la Grésigne que tous les autres chefs-lieux des communes limitrophes, ce qui explique que cette forêt fut rattachée, depuis le Moyen Age jusqu’en 1814, au territoire de la communauté qui devint en 1790 la commune de Puycelci.

La Grésigne, une forêt « puicelcienne » jusqu’en 1814

« De tradition immémoriale », ainsi que se plaisaient toujours à le rappeler les Maires de « Puicelcy-la-Montagne » sous la Révolution ainsi que leurs successeurs sous le Premier Empire et sous la Restauration, c’était à Puycelsi que les Grands Maîtres de l’administration royale des Eaux-et-Forêts créée par Philippe-le-Bel et leurs Officiers forestiers de la Maîtrise de Toulouse puis de Villemur, se réunissaient pour prendre les décisions importantes et procéder aux ventes des coupes de bois de Grésigne jusqu’à la Révolution mais aussi pour juger, tous les trois ans, les délits forestiers dans une Cour de Justice criminelle..

Au demeurant, la Grande Baraque qui se situe au centre de la forêt faisait partie de la paroisse de Saint-Maurice-de-Lacalm, annexe de la paroisse Saint-Corneille de Puycelsi. Ajoutons que parmi les Consuls de « Puicelcy-en-Albigeois » ou parmi leurs conseillers politiques sous l’Ancien Régime, on trouve les représentants de familles de verriers tels un Guillaume Audouin habitant Périlhac en 1583, un Antoine Audouin habitant la verrerie de Lissard en 1667, un Charles Grenier de Terride en 1702, et les de Suère habitant au Sauze (appelé aussi Combalade) jusqu’en 1816. Autant de lieux-dits situés à la lisière de la forêt de part et d’autre de la Grésigne qui donnèrent à la « Communauté de Puicelcy » plusieurs de ses notables pour siéger dans sa Maison commune.

Entre autres témoignages d’une Grésigne partie intégrante de Puicelcy, il y a aussi ce récalcitrant Sieur de Croiset qui, ancien officier invalide des armées de Louis XV, percevant encore en 1788 à ce titre « une pension de 54 livres », relevait des contribuables de la communauté puicelsienne étant « en possession du château de Périlhac avec un revenu de 450 livres » ; ledit château situé à la lisière nord de la forêt faisait donc partie du territoire de Puicelcy. Le bouillant officier de Croiset n’hésitait pas « de faire querelle aux Consuls de Puicelcy …en refusant avec opiniâtreté de leur payer sa capitation », défrayant ainsi la chronique des délibérations consulaires le 18 janvier 1789.

Comment ne pas citer encore Louis Denis Juin qui était Ingénieur des Travaux Forestiers lorsque la Grésigne fut inféodée au Comte de Maillebois en 1770 et qui construisit la Grande Baraque au centre de la forêt avant d’y habiter un temps avec sa famille. Les actes de baptême et de mariage de ses filles sont enregistrés sur les registres paroissiaux de la communauté de Puicelcy, avant qu’il ne soit nommé Maire de « Puicelcy- la -Montagne » sous la Terreur, du 25 novembre 1793 au 5 avril 1795, par le Comité révolutionnaire du Tarn.

Par ailleurs, de nombreux chefs de familles gardes-forestiers habitèrent Puicelcy comme le Garde principal Corbières qui s’y retira après la Révolution, vivant dans la maison du riche marchand de vin Farjanel (premier Maire de Puicelcy, retiré par la suite à Lescure d’Albigeois), maison située près de la Porte de Navistour et dont le linteau de la belle porte d’entrée reste décorée par un rameau de chêne orné de feuilles et de glands gravés à même la pierre. Ces symboles-là, accompagnés des têtes de sangliers aux oreilles courtes sculptées sur la partie supérieure des colonnes murales de l’église Saint-Corneille, ainsi que les énormes poutres de chêne soutenant le plafond de l’actuelle salle polyvalente communale (ancienne écurie de la gendarmerie), indiquent bien la prégnance que la Grésigne a, de tous temps, exercé sur Puycelsi.

Preuve en est aussi, bien sûr, tout cet aréopage de personnages historiques, parmi lesquels ces gentilshommes verriers et ces officiers forestiers de Grésigne qui furent Consuls ou Maires de Puicelcy et dont l’ombre hante toujours les remparts de ce village haut perché. Puycelcy ne fut le chef-lieu d’un canton authentiquement grésignol que de 1790 à 1802, en regroupant les communes de Penne et de Vaour, réalisant ainsi l’unité de la Grésigne du nord avec celle du sud qui ne put jamais être reconstituée par la suite.

Ainsi qu’en font foi les archives du Consulat de « Puicelcy-en-Albigeois » sous l’Ancien Régime, puis les archives de la Municipalité de Puycelsi depuis la Révolution, les affaires relatives à la Grésigne ont toujours été une préoccupation importante pour les Consuls et pour les Maires du lieu. Leurs délibérations font continuellement référence à la forêt grésignole, soit pour réclamer et défendre l’usage de privilèges en associant leurs contestations à celles de Penne ou de Montmiral, soit pour dénoncer la présence inquiétante de troupes ennemies ou le repaire de bandits et de dangereux malfaiteurs (3).

Ainsi, autant par sa proximité immédiate que par l’intégration de la forêt dans les limites territoriales de la communauté de Puicelcy, la Grésigne a valu à ses administrateurs locaux de nombreux conflits avec l’administration forestière. Celle-ci avait une mission émanant de l’Etat monarchique puis républicain, mission de gestion visant à protéger, à développer et à vendre les coupes ou bien à percevoir les droits d’albergue (location) liés à l’exercice de privilèges, ceux-ci reconnus et confirmés à maintes reprises mais systématiquement contestés par le pouvoir central en place jusqu’à leur suppression définitive en 1852. Autant de revenus prélevés pour le compte du Trésor national, qui furent sources de chicanes et de différends depuis la fin de l’époque féodale jusqu’au début du Second Empire où la Municipalité réclamait en vain à l’Etat des indemnités pour compenser la suppression des privilèges accordés jusque-là à ses habitants.

Certes, les tensions provenant des relations de voisinage de toute la population rurale vivant au quotidien autour de la Grésigne avec les représentants assermentés des Eaux-et-Forêts, concernaient également les autres communautés ou juridictions périphériques plus ou moins limitrophes de la forêt et qui avaient chacune leur importance, notamment Penne et Montmiral.

La porte de l'Hirissou avec ses deux murailles déféndait l'entrée principale de Puycelsi. Tournée vers le sud et la vallée de la Vère elle tourne le dos à la Grésigne
Porte de l’Hirissou ou Irissou. Carte postale ancienne

Mais de par sa position géographique particulière au sud de la forêt, en limite du Quercy et de l’Albigeois, Puicelcy bénéficiait d’une position primordiale que lui valaient à la fois ses avantages militaires et son siège administratif consulaire à la tête d’une dizaine de paroisses et de leurs annexes. Le site du village, bien défendu par une enceinte de remparts percés de portes protégées par une double muraille surmontée de tours, assurait la sécurité d’une petite place-forte militaire jouant un rôle de vigie et de sentinelle sur la vallée de la Vère, notamment face aux troupes anglaises et gasconnes pendant la Guerre de Cent Ans et, plus tard, face aux troupes huguenotes de nos voisins de Haute-Guyenne pendant les Guerres de Religion.

Les Capitaines Gouverneurs représentant le pouvoir royal, dits « Capitaines de 50 chevaux » et « Seigneurs de Puicelcy », appartinrent à la famille des de Lapeyre au cours des 16ème et 17ème siècles. Ils avaient à charge le contrôle et l’accès des personnes par la vallée de la Vère, entre Haute-Guyenne et Haut-Languedoc, aussi bien que la surveillance des biens du Roi en Grésigne.

Ces mêmes avantages liés à un site exceptionnel furent encore, en 1792, les raisons essentielles de la création et l’installation d’une gendarmerie à cheval qui demeura à Puicelcy jusqu’en 1852, bien après la suppression en 1802 du canton grésignol de « Puicelcy-la Montagne ».

Ainsi, en plus du vaste territoire des Communes actuelles de Puycelsi et de Larroque qui composaient ensemble la communauté puicelcienne, devenue à partir de 1790 « Commune de Puicelcy » peuplée de près de 3 000 habitants, la forêt de Grésigne qui y était rattachée fut toujours un territoire considéré de façon particulière, tenant lieu d’une véritable institution aux règles spécifiques en raison de son appartenance privée à l’Etat.

Puycelsi : la chapelle Saint-Roch et la Grésigne en arrière-plan avec le dôme de Montoulieu

Que, dans les Archives consulaires ou communales de Puicelcy au cours des époques successives, elle soit appelée « Forêt Royale » jusqu’à la Révolution où on la qualifia alors de « Forêt Nationale », avant d’être nommée « Forêt Impériale » (dénomination de bien triste mémoire puisque, un mois et douze jours avant son abdication, l’Empereur Napoléon Bonaparte décréta le 2I février 1814 son transfert territorial dans la commune de Castelnau-de-Montmiral...), la Grésigne a été pour Puicelcy le symbole prestigieux, mais encombrant, de la présence permanente et autoritaire sur son territoire d’un pouvoir de tutelle, arbitraire et redouté, représenté par l’administration en uniforme des Eaux-et-Forêts qui conserva longtemps un caractère militaire.

Une forêt de Grésigne source de prestige mais aussi de chicanes et de conflits

Le parcours chronologique qui balise l’histoire de notre forêt fut marqué des convoitises qu’elle suscita depuis le 10èmesiècle où elle était « forêt seigneuriale et Comtale ». Les chamailleries qui ont présidé, d’une part à l’inscription de la forêt de la Grésigne hors du territoire de la commune de Puicelcy pour la rattacher à celui de Castelnau-de-Montmiral, d’autre part aux étapes procédurières qui ont jalonné le procès revendiquant le maintien ou bien l’indemnisation des droits et privilèges en Grésigne des habitants de Puicelcy, sont relativement récentes et postérieures à la Révolution. Quoique déjà oubliés, ce furent là des évènements qui défrayèrent avec un certain retentissement la chronique des pays grésignols au 19ème siècle.

On ne peut ignorer non plus l’importance qu’avait eue la forêt de Grésigne pour la vie des habitants des communautés riveraines au Moyen Age et pendant l’Ancien Régime. Après avoir été l’objet à l’époque féodale de tractations diverses relevant des divers petits potentats locaux civils ou religieux, vassaux des Comtes de Toulouse, la Grésigne fut directement placée dès 1291 sous l’autorité royale du Corps des « Maîtres des Eaux-et-Forêts » créé par une Ordonnance de Philippe IV le Bel.

Puycelsi en 1833 vu depuis la vallée. On voit bien l'ancien château sur le Grand Saint Roch ; château depuis démoli
Puycelsi en 1833 avec l’ancien château sur le Grand-Saint-Roch ; château désormais démoli. Gravure tirée des « Voyages pittoresques et romantiques de l’ancienne France » Tome Languedoc I, 1833

Peu après son annexion royale, la Grésigne fut soumise à l’application de l’Ordonnance prise en 1346 par Philippe VI de Valois ; ordonnance que l’on considère être le premier Code forestier royal que devaient faire respecter les premiers « forestiers à cheval », chargés de règlementer les rares coupes de bois dont les ventes se déroulaient à Puicelcy.

Commença alors une période qui fut loin d’être exempte de jugements émanant du Parlement de Toulouse, accompagnés de punitions collectives ou individuelles infligées par les Grands Maîtres successifs des Eaux-et-Forêts, rejetant les doléances populaires exprimées par les Consuls des petites communautés grésignoles. La défense des intérêts du Roi allait à l’encontre des pratiques jugées abusives des populations grésignoles, abusant des privilèges de cueillette acquis depuis la nuit des temps.

Sous Louis XIV, Colbert dépêcha pour la première fois en 1658 l’un de ses plus célèbres et compétents collaborateurs, expert en matière forestière, Louis de Froidour « Ecuyer, Seigneur de Serisy, Président et Lieutenant Général Civil et Criminel au Baillage et en la Maîtrise des Eaux-et-Forêts du Comté de Mary et la Ferté, Commissaire député par sa Majesté pour la Réformation Générale des Eaux-et-Forêts du département de la Grande Maîtrise de Toulouse » (4).

De retour en 1666, c’est à Puicelcy que de Froidour s’installa pour une semaine. La venue de ce Commissaire royal et grand forestier, avec ses secrétaires et ses huissiers, marqua désormais la volonté du Roi et de son grand argentier Colbert de faire respecter l’ordre et la discipline dans la forêt de Grésigne à coup d’amendes et, de plus, avec l’obligation pour les riverains de faire des jours de corvée pour y réaliser murs et fossés d’enceinte.

A ces interdits et vexations, les autochtones éprouvèrent rancœurs et firent désobéissance. Leur comportement ne changea guère, de 1750 jusqu’à la veille de la Révolution, pendant l’aventureuse spéculation du Comte de Maillebois. Si celui-ci et sa famille se domicilièrent au château de Bruniquel, ce fut encore en bordure de la Grésigne, dans la communauté de Puicelcy, que ce Comte installa une « colonie de Vosgiens » pour procéder aux travaux d’exploitation forestière des bois de la forêt pour le transport desquels avaient été dressés les plans du canal de la Vère.

Pour Puicelcy, la coupe de l’amertume et de la zizanie était déjà pleine à la fin du Premier Empire lorsque, la forêt de Grésigne venant d’être affectée de façon arbitraire à la commune de Castelnau-de-Montmiral, un autre conflit rebondit en opposant la commune si injustement spoliée aux représentants de l’Etat central. Le procès étonnant qui dura 25 années, entre 1827 et 1852, devant le Tribunal de Gaillac puis en appel et en Cassation, se déroula de façon plus soutenue et déterminée que les nombreux autres procès similaires émanant de municipalités voisines… pour se terminer en queue de poisson, à l’avantage de l’Etat : une conclusion sans espoir qui illustre parfaitement la fable du pot de terre contre le pot de fer !

Excédée à la suite de l’usurpation de la forêt impériale opérée au détriment de Puicelcy par le fait du Prince en faveur de Castelnau-de-Montmiral, juste l’année avant que ne s’écroule à Waterloo le Premier Empire, la commune de Puicelcy fut privée du tiers de son territoire, soit3 300 hectares environ de forêt sur plus de 9 000 hectares au total que totalisait l’ancienne communauté devenue commune de Puicelcy avant sa séparation avec celle de Larroque. La suppression de ce patrimoine forestier qui avait contribué à affirmer l’identité historique de Puicelcy depuis de longs siècles, poussa le Maire Joseph Denis Juin et les membres de son Conseil municipal en exercice lors du retour des Bourbons à se lancer ainsi inutilement dans de longues et retentissantes procédures contre l’administration des Eaux-et-Forêts et celle des Domaines pour réclamer en vain à l’Etat « la réintégration de la Commune de Puicelcy dans les Droits et Privilèges de sa population en Grésigne, sinon une indemnité proportionnelle ». Cet échec n’arrangea en rien les relations entre puicelciens et montmiralais, ceux-ci étant tenus déjà plus ou moins responsables des manigances ayant abouti à la suppression du titre de chef-lieu de canton dont avait joui Puicelcy-la-Montagne de 1790 à 1802.

Le flanc nord de Puycelsi. On discerne à droite la chapelle Saint-Roch et la falaise ainsi que le château du Capitaine royal

L’histoire des relations particulières de la Grésigne avec la communauté de Puicelcy et ses habitants nous a donc permis de repérer les périodes chronologiques qui nous serviront de trame pour étudier l’histoire des relations de la Grésigne avec celle de son environnement comprenant l’ensemble des communautés grésignoles riveraines.


(1) L’orthographe actuelle de Puycelsi (avec un s) dérive de l’étymologie latine « Podium Celsium » signifiant littéralement « Mont élevé » (avec ses déclinaisons « Podio Celso » ou « Podii Celsi » que l’on trouve dans les textes du 10ème au 13ème siècles). On trouve également l’écriture « Pog-Celsi » dans la Chanson de la Croisade Albigeoise de Guillaume de Tudèle, plus rarement l’écriture correspondant à la prononciation occitane « Pechelsi », et enfin dans toutes les archives du 15ème au 19ème siècle « Puicelcy » (orthographe que nous respecterons dans nos recherches d’histoire locale), d’où a dérivé l’écriture de « Puycelci » (avec un c que l’étymologie proscrit) jusqu’aux années 1960-1970

(2) Pour les lecteurs intéressés par l’histoire de Puycelsi, voir le livre publié par l’auteur intitulé : « Puicelcy, lieu de Mémoire », livre comprenant deux parties relatives à « Puicelcy-en-Albigeois sous l’Ancien Régime » et « Puicelcy-la-Montagne sous la Révolution », première et deuxième édition respectivement parues en juillet 1996 et en décembre 1997 (303 pages)

(3) Cf la délibération en date du 15 mai 1843 dans laquelle le Conseil municipal de Puicelcy plaide contre « les intrigues de Montmiral pour obtenir en sa faveur la translation de notre Brigade », prétextant que « Puicelcy ayant une population agglomérée de 600 habitants dispose d’une caserne au local spacieux, que l’air qu’on y respire est sain et salutaire à la santé et que sa Commune, y compris celle de Larroque, a une population de 2 809 habitants », et arguant de la crainte que, sans sa gendarmerie à cheval, « notre pays naturellement montagneux, couvert de bois avec la verte forêt de Grésigne devienne le repaire de malfaiteurs ».

(4) Cette énumération des titres et grades qualifiant la personnalité de Froidour est celle qui figure sur le « Procès-verbal d’avis pour le règlement des coupes des forêts de la Maîtrise Particulière de Toulouse », procès-verbal « imprimé à Toulouse par Raymond Bosc en l’an « MDC.LVIII » (1658) faisant l’objet d‘un livre rare et précieux daté de cette année-là et intitulé « Instructions pour les Ventes des Bois du Roy », livre que nous a prêté notre ami bibliophile Monsieur Sanchez que nous remercions vivement

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